Quels rapports entretiennent les pratiques artistiques et archéologiques ? Pourquoi l’archéologie fascine les artistes et comment s’emparent-ils de cette discipline ? De quelles manières les œuvres contemporaines entrent en résonance avec des vestiges archéologiques et l’histoire de l’antiquité ?
L’exposition est conçue comme un écho au parcours permanent du Chronographe. Le dialogue entre des temps aussi éloignés s’engage autour de la question des matériaux tels que le bois, la céramique, les pierres, les os et les métaux précieux, supports du travail de l’archéologue. Pour l’archéologue, ces témoins matériels qu’il prélève, extrait, inventorie avant de les étudier, contiennent une histoire qu’il s’agit de faire ressurgir. Ils portent l’empreinte des hommes qui ont vécu avant nous sur ce territoire. L’artiste comme l’archéologue, en assemblant les matériaux, en rapprochant les indices créés des récits qui éclairent notre monde, passé ou présent.
L’art et l’archéologie ont ainsi en commun de rendre visible ce qui ne l’était pas ou plus. C’est ainsi que l’artiste Jean Clareboudt envisage sa pratique de sculpteur. C’est de l’observation du terrain et de la manipulation de ses ressources les plus humbles que naît peu à peu chez lui le dessein de l’œuvre. À partir des matériaux qu’il prélève en traversant des paysages, son « atelier naturel », l’artiste livre des sculptures qui témoignent de l’importance de l’histoire la plus ancienne. Il renoue ainsi avec des temps immémoriaux, et s’ancre dans une pratique contemporaine qui tisse un lien fort avec le passé, ses matériaux et ses gestes.
La vingtaine d’œuvres sélectionnées pour l’exposition s’inscrit dans cette même voie et rapproche de manière inattendue des temps qui pourraient apparaître si éloignés. L’art ne s’embarrasse gère des fossés temporels et l’exposition est une invitation à les franchir !