De Ratiatum à Raciate

La ville médiévale semble perdre progressivement de son ampleur face à sa voisine nantaise.

Toutefois, entre la fin de l’Antiquité et le haut Moyen Âge, les données archéologiques témoignent d’une agglomération encore florissante. La découverte d’une basilique datant de la fin du 5e siècle ou du début du 6e, laisse supposer qu’un certain pouvoir religieux s’exerce alors à Raciate. Le culte rendu au saint Lupien, que l’on connaît grâce à l’historien des Francs, Grégoire de Tours, semble confirmer cette hypothèse. Il précise d’ailleurs que ce Lupianus aurait été baptisé par Hilaire, évêque du siège épiscopal de Poitiers auquel succéda Adelphius. Ce dernier signe en 511, sous le titre d’Episcopus de Raciate, au premier concile d’Orléans tenu par Clovis. Rezé a donc pu constituer, à cette époque, une résidence secondaire des évêques de Poitiers ou même un évêché éphémère. Aussi la ville devait-elle être encore dynamique, tout du moins du point de vue ecclésiastique, au début du Moyen Âge. Par la suite, l’agglomération se réduit et devient un petit bourg rural entouré de terres viticoles et d’espaces dédiés à l’élevage.

Ophélie de Peretti, Promenade archéologique à Rezé

Rezé et son histoire

Au début des années 2000, un projet d’aménagement dans le jardin de l’ancienne maison de retraite des Champs Saint-Martin donne lieu à une fouille préventive.

Les archéologues mettent au jour un édifice daté des premiers temps chrétiens. L’ensemble des vestiges a été conservé en presque totalité, sur plusieurs assises. Il s’agit d’une basilique à chevet plat orientée nord-est/sud-ouest. L’irrégularité du terrain a dû conditionner l’orientation du bâtiment qui n’est pas précisément tourné vers l’est. La surface restituée de cet édifice devait approcher les 700 m2, ce qui en fait l’un des plus grands monuments connus entre la fin de l’Antiquité et le début du Moyen Âge à Rezé.

Ce type de plan est fort rare et demeure une référence unique en matière d’architecture paléochrétienne dans l’ouest de la France. Un ensemble exceptionnel de verres a été découvert dans les niveaux d’abandon de l’édifice. Datées du début du 6e siècle, ces vitres se présentent principalement sous la forme de triangles rectangles ou parfois de quadrilatères. Ces pièces ont été taillées à l’aide d’un grugeoir dans un verre plat obtenu par la technique du soufflage en manchon. Elles sont quasiment toutes de couleur verte. L’ensemble doit participer à une composition décorative et permet d’illuminer l’intérieur de la basilique au niveau du chevet. L’éclairage de l’édifice est également assuré par des lampes en verre de forme conique.

Ophélie de Peretti, Promenade archéologique à Rezé