Un campement Néandertalien - Focus sur cette découverte archéologique

17-07-2020
Reconstitution interactive du site de la Folie
Visite interactive du site néandertalien de La Folie © Inrap, 2006

 

Au delà des habitats sous roches, quelles sont les traces que les néandertaliens ont laissées aux archéologues contemporains ? C’est la question à laquelle tente de répondre le Chronographe dans son exposition sur Néandertal.

Le Chronographe centre l’exposition sur le campement néandertalien de la Folie, découvert puis fouillé en 2000 au nord de Poitiers par Laurence Bourguignon (Inrap), datant de – 65 000 ans environ. Le site de la Folie a été fouillé en archéologie préventive, avant la construction d'une station d'épuration. Les archéologues ont mis au jour les vestiges d'une structure circulaire de type coupe-vent.

Cet aménagement provisoire de 10m de diamètre était probablement constitué de peaux et de branchages fixés par des piquets, dont les trous ont été retrouvés. L’équipe de recherche comprenait non seulement des archéologues, mais également des géologues, micromorphologues, palynologues, tracéologues, malacologues et technologues.

Grâce à leur travail, plusieurs zones de vie ont été identifiées : une zone de litière (pour dormir), le foyer, la zone de travail des peaux, ainsi que la zone de taille des silex. Sur cette zone de taille, de nombreux morceaux de silex ont été retrouvés, attestant des qualités d'artisan de Néandertal.

C’est tout le travail archéologique et scientifique qui a permis d’établir ces constats, à partir de ce qui, au premier coup d’œil, n’est qu’un espace d’herbe et de terre.

La zone d’activité est par exemple appelée ainsi car le sol a révélé des matières variées telles que la peau, le bois et des végétaux souples. Les archéologues en ont conclu que ces matériaux y étaient travaillés par des actions de coupe et de grattage.

Au nord ouest de l’habitation, l’analyse au microscope de la terre a révélé des composants charbonneux. Les différentes accumulations organiques et la trace d’une cuvette empierrée indiquent la présence d’un feu. Source de chaleur et de lumière, il s’agissait très certainement de la zone de foyer.

Quant aux zones de taille, le campement en présente deux. L’une proche du foyer et de l’entrée, l’autre à l’intérieur de l’abri, à proximité de la paroi. Calcaire et silex y ont été retrouvés. Le calcaire sert de siège de tailleur (ronde et en L) afin de travailler le silex. Les archéologues ont découvert près de 1 000 pièces de silex, et, par un travail de remontage, ils ont déterminé que la taille a été réalisée à partir de 13 blocs de silex, ramassés à proximité immédiate, ou importés d'un peu plus loin.

 

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Restitution de l'habitat temporaire de La Folie, ici entouré de peaux © Musée de l'homme

 

Le niveau archéologique découvert est d’une profondeur de deux mètres et se développe sur près de 250 m². Les découvertes sur le site laissent supposer que l'habitat identifié était entouré d’une paroi coupe-vent, constituée de branchages (telle que l’image ci-dessus) ou de peaux (voir l’image ci-dessous).

Au vu du diamètre de la structure, la possibilité de la présence d’un toit fut écartée. Celui-ci aurait nécessité une armature plus complexe et un poteau central dont aucune trace ne fut retrouvée.

Tout semble indiquer que cet habitat était un campement de plein air saisonnier, investi sur plusieurs semaines par les néandertaliens qui l'ont aménagé.

 @P.Gallibert-Inrap.jpg
Restitution de l'habitat temporaire de La Folie, ici entouré de branchages © Inrap

 

Références / pour aller plus loin :

Site internet de l’Inrap (Institut National de Recherche Archéologique),

- Néandertal, si proche, si loin :
https://www.inrap.fr/magazine/neandertal/Accueil#N%C3%A9andertal%20:%20si%20loin,%20si%20proche

- Reconstitution interactive du site de la Folie :
https://multimedia.inrap.fr/archeologie-preventive/Ressources/Dossiers-multimedias/Neandertal/p-1498-L-habitat-nomade-de-Neandertal.htm

- Catalogue d’exposition :  Néandertal, Muséum national d'histoire naturelle, Gallimard, 2018

- L’habitat moustérien de « La Folie » (Poitiers, Vienne) : synthèse des premiers résultats :
https://journals.openedition.org/paleo/1389

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